Une Pure Soirée

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Une Pure Soirée

Convié à un repas amicale entre français expatriée, me donne l’immense privilège d’être présente à l’ouverture de la nouvelle année francophone à Istanbul, me dit cette charmante personne  du centre culturel français; toute de noire vêtu habillé sur son trente et un, avec cette petite touche de joaillerie fantaisie que les femmes françaises savent très bien utiliser et qui fait que la classe féminine reste à son apogée.

Me tendant un carton d’invitation au papier granuleux, cela me fait dire que pour l’événement l’état français n’a pas lésiné sur les moyens; de couleur pastel sur lequel le classique n’échappe pas à la règle, dans toute sa splendeur notre dame de fer est représentée.

Ravis de pouvoir faire une sortie me dis-je, j’accepte sans plus attendre, prends ce billet qui m’est offert et qui me donnera le droit de mettre un pied sur le sol de chez moi.
Je suis accueillie à l’entrée par ces deux agents à l’uniforme de sécurité bleu foncé, au sourire absent, avec ce petit air de supériorité qui m’est familier et qui me dit que je suis bien arrivé.

Reste à montrer patte blanche pour avoir la chance d’y participer, une fois mon invitation scrutée, je suis cordialement invité à rentrer.
Ces gentils hommes habité par l’amabilité et la sympathie, m’exigent de  passer ce tourniquet en ferraille de couleur grise, bouffé par la rouille et grinçant à chaque passage de convive.

Je récupère mon sac à main préalablement scanné, dont la lanière comme à son habitude est restée coincé dans la fente de leur tapis roulant; qui me donne cet petit air un tant tinait énervé du faite d’être observé de plus par ces bons hommes fier comme des paons à qui j’ai redonné enfin le sourire aux lèvres et qui  me regardent sans broncher me dépatouiller avec se fichu sac, qui enfin lâche prise et m’est restitué.

Sans un mot je poursuit ma route traversant ce jolie jardinet  aux odeurs floral qui me ravient les narines, entouré de ces partaires de fleurs aux couleurs harmonieuses de saison, roses, fuchsia, rouges, aux petites touches de jaunes et verts comme rajouté par un peintre au couteau d’artiste; qui fait de moi un visiteur de musée contemplant de véritable toiles de maître et me donnant l’envie irrésistible de les photographies. Accompagné dans cette marche par une chanson à la réputation planétaire, qui me laisse croire que la France n’a qu’une artiste à son répertoire, l’ayant écouté partout ici  des millier de fois.

Me fait immédiatement penser au comique gad elmaleh à qui ont dit à chaque fois, qu’il y a une musique orientale que c’est sa chanson; elle me donne cette net impression que la grande Edith piaf et les français reste indissociables.

“La vie en rose” me fait oublié que je marche en talons sur des allées de pierres, grosses comme des galets, qui me tort les chevilles à chaque pas faisant, hurlant en silence sous peine de me ridiculiser, tout en maudissant le jardinier qui a eu cette ingénieuse idée.

Arrivé tant bien que mal sur le perron, je me refais vite fait bien fait une petite beauté, en improvisant un peigne oublié je passes mes doigts à vive allure dans ma crinières blonde, redressant mon béret noir de circonstance; je remonte le col de ma chemise blanche sur mon coup pour me donner un air chic décontracte, qui laisse entrevoir une chaînette orné d’un trèfle à quatre feuilles doré sur le haut de ma poitrine; par automatisme frotte avec virulence ma jupe noire taille haute pour défroisser celle ci, fait reluire d’un petit coup de linguette mes belles chaussures à talons de danseuse style année trente, contrôle une dernière fois qu’il y est tout ce qu’il faut la ou il faut, et d’un claquement de lèvres étalant ce rouge carmin me donnant le signal que je suis prête.

Accueilli par un dandy en costume trois pièces gris foncé aux chaussures vernis qui lui donne ce petit coté un peu efféminé, d’une classe certaine, il me souhaite la bienvenue en m’épinglant un macaron tricolore à la chemise et m’ouvre la porte d’entrée de ce qui va être sûrement une belle soirée.

Passé le seuil, je ne suis que peut surprise par cette décoration largement inspiré de notre mère patrie; les drapeaux tricolore bleu blanc rouge  sont de sorti, tout juste  dépoussiérer car rare sont les événements qui vaillent que l’on puisse les exhiber; affiché sur tous les murs, éparpiller sur toutes les tables, épinglé sur tous les corsages et les chemises. Il n’y a plus de doute, le temps d’une soirée nous sommes dans notre belle France.

Grand a était mon étonnement de ne pas recevoir une baguette et un saucisson à l’entrée; diable les auraient-ils oublié !

J’aperçois d’immense tables en bois massif à l’italienne qui donne ce petit coté très conviviale, et qui pourrait laisser croire aux invités que les français deviendrait solidaires une fois les frontières dépassé.

Les organisateurs de la soirée ont mit les petits plats dans les grands en l’ honneur de leurs citoyens exilé; touché par cette délicate attention d’avoir eu l’audace d’opter pour cette vaisselle légendaire blanche plastifié qui pourrait prendre la poudre d’escampette si nous n’étions pas abrité.

Une fois l’assiette pleine de nourriture dans les mains, elle commence à danser la java et se tordre dans tous les sens; difficile d’être décontracté et joviale ayant pour seul but ultime de rejoindre la table sans causer à qui dirait une catastrophe.

Avec une flagrante maladresse j’essaye de faire tenir droite cette sacrée assiette, de crainte de tout renverser et de se faire remarquer; le visage un peut tendu je suis très concentré, ne pouvant m’empêcher d’avoir une petite pensée à chaque pas effectué pour les responsable de ce choix, avec qui sans eux je n’aurait pu avoir l’immense chance d’être actrice et spectatrice de ce petit numéro d’équilibriste improvisé.

Debout devant une table, ne quittant pas mon assiette des yeux, je demande très poliment si je peux m’asseoir, d’une voix douce mais restant frustrante dans ma mémoire une dame me répond non, c’est occupé.

Mon assiette dans une main, un verre dans l’autre, le sac en bandoulière, perché sur des talons qui me font un mal de chien et me font regretter mes bonnes veille tennis; d’un coup d’un seul  une chaleur m’envahie sachant que je dois repartir désespérément à la recherche d’une place parmi tout ce monde qui m’étourdi.

Gardant la tète haute un peu trop haute je crois, je me retourne brusquement perdant une partie de mon dîner et de mon breuvage sur la belle robe de soirée d’une compatriote qui pour ce fâcheux incident est devenu subitement mon ennemi, il me semble.

Une  tache de tomate, entouré de graisse de kofté, accompagné d’une trace de coca sur une robe blanche a suffit pour que la guerre soit déclarée; il n’est pas étonnant que le monde d’aujourd’hui aille mal lui dis- je; m’excusant entre les cris aigus et stridents de cette charmante demoiselle à qui je vient de ruiner la soirée; il y a pire lui rétorquais- je, vous auriez pu ne pas être invité.

La soirée bien commencée, de nouveaux amis rencontrés, monsieur l’ambassadeur sous les applaudissements fait son entrée. Je suis malheureusement dans l’obligation d’abandonner cette jeune femme à son triste sort et de m’asseoir au plus vite quelque part ou je pourrais enfin me restaurer et écouter le discourt tant attendu de notre représentant à tous ici présent.

ça y est je suis attablé, j’avale ce bon repas ne demandant pas mon reste, regrettant bien evidement ce qui vient de se passer. Seule avec moi même ne connaissant encore personne, je vais pour entamer la conversation avec mon voisin de table, quand soudainement cette musique singulière de l’hymne national français retenti. La fierté le respect et le patriotisme tout ça à la fois sans doute nous fait levé, et debout immobile nous tous chanter.

Le coeur serré d’être loin de chez soi, loin de ses racines, de sa famille de ses amis de tous ceux que nous aimons; nous récitons tous ensemble cette chanson encore plus  lourde de sens et d’intérêts une fois parti de son pays.

La joie et l’émotion m’ envahie, les poils des bras irisé d’être au milieu de cet effet de foule et de pouvoir me rappeler des paroles de cette chanson si peu chanté en France; Je verses ma petite larme et me dit qu’à cet instant même, mon pays me manque, et que ou que j’aille je resterai  toujours  française, par le tempérament, l’éducation et la foi, que partout ou je vais l’emmener avec moi ma France, m’autodéclarant une représentante de mon pays ,dont je n’hésite pas une seule seconde à venter les mérites et à vendre du rêve à la française à ceux qui veulent bien l’entendre.

A la fin de l’hymne national une minute de silence est demandé pour tous les français enlevé dans le monde entier, à peine remis de mes émotions encore troublé, je prends de plein fouet cet effroyable réalité, ce chiffre de personnes disparus indécent qui me refroidis le corps encore sous le coup de la chaleur de l’instant passé.

Comme si pendant cette minute le temps c’était arrêté, cette triste sensation si particulière de devoir penser à des personnes que nous ne connaissons pas et qui pourtant nous paraissent si proche.

Les paroles, les cris, les pleurs, les rires ont repris le dessus, nous pouvons recommencer à vivre notre vie comme avant ce moment. Pour me réconforter, je décide de déguster ce fabuleux dessert au chocolat fondant parsemé de fraises et dégoulinant de chocolat chaud fondu qui me fait de l’oeil depuis que je suis arrivé et à qui je ne peux résister nullement ..que voulez vous on ne se refait pas !

 

 

                                                         “séverine . F “

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